Jeanne d’Arc et sa statuaire en région Centre

Publiée le 6 mai 2020

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2020 est l’année du 100eme anniversaire de la canonisation de Jeanne d’Arc. En région Centre-Val de Loire, on lui a élevé un grand nombre de statues : 15 effigies sont encore en place, dont 7 dans le seul département du Loiret et même 3 à Orléans. Ces chiffres proviennent d’une de nos études en cours sur la statuaire publique.

En 2019, le service Patrimoine et Inventaire a publié les résultats d’une étude sur la statuaire publique en région Centre-Val de Loire au 19eme siècle et pendant la première moitié du 20eme siècle. Parmi elles, on trouve une importante proportion d’œuvres représentant Jeanne d’Arc dans les situations les plus diverses : rencontrant le connétable Arthur de Richemont à Beaugency, guerrière libératrice à Patay, blessée mais portant haut son étendard à Jargeau.

C’est entre 1890 et 1905 que sont érigées la majorité des Jeanne d’Arc de la région Centre-Val de Loire, en pleine « statuomanie ». Ce terme désigne la vogue des hommages aux grands hommes, propre à la IIIe République, qui donna lieu à une abondante production de statuaire publique. Leurs contemporains avaient déjà un regard critique sur les sculptures : la Jeanne d’Arc de la duchesse d’Uzès (Mehun-sur-Yèvre, 1901) fut décriée dès sa conception alors que celle de Denis Foyatier (Orléans, place du Martroi, 1855) connut un succès immédiat. Les commanditaires sollicitaient autant les artistes renommés de l’époque que d’autres moins connus.

Statue de Jeanne d’Arc à Chinon (Indre-et-Loire), par Jules Roulleau, 1893 © Région Centre-Val de Loire, Inventaire général, Jean-Claude Jacques

La majorité des Jeanne d’Arc de la région Centre-Val de Loire sont faites en métal sauf la statue de Mehun-sur-Yèvre et le relief de Beaugency, tous deux en pierre. Les petites communes choisissent plutôt la fonte de fer, moins onéreuse que le bronze. Ces Jeanne d’Arc de la région échappèrent aux destructions ordonnées par le régime de Vichy pour fournir les Allemands en métaux ; en effet la loi du 11 octobre 1941 et sa circulaire protégeaient les effigies de Jeanne d’Arc, Henri IV, Louis XIV et Napoléon en raison de leur « caractère historique ».

Par habitude ou par désintérêt, ces œuvres présentes dans l’espace public sont souvent ignorées. Aujourd’hui le service Patrimoine et Inventaire
travaille à les faire redécouvrir.

Pour consulter tous les dossiers d’inventaire des statues de Jeanne d’Arc.

 

Statue de Jeanne d’Arc à Blois, par Anna Hyatt Huntington, 1921 © Région Centre-Val de Loire, Inventaire général, Hubert Bouvet

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